Interdiction location DPE G/F : calendrier

En bref : La location des logements classés G au diagnostic de performance énergétique est interdite depuis le 1er janvier 2025 en France métropolitaine. Les logements classés F suivront le 1er janvier 2028, puis les logements E le 1er janvier 2034. L'interdiction ne vise que les nouveaux baux, les renouvellements et les reconductions tacites : un locataire déjà en place n'a pas à quitter son logement.

L'essentiel
  • Calendrier métropolitain : G depuis 2025, F en 2028, E en 2034 (2028 et 2031 en outre-mer).
  • Un logement F ou G ne peut plus voir son loyer augmenté depuis le 24 août 2022, ni à la relocation ni par la révision annuelle.
  • Aucune amende automatique, mais le locataire peut saisir le juge pour obtenir des travaux ou une réduction de loyer.
  • Compter en moyenne 400 à 900 € par m² pour faire passer un logement de G à D, aides déduites.
  1. Le calendrier complet des interdictions de location
  2. Ce que « interdiction de louer » veut vraiment dire
  3. Le gel des loyers : la sanction qui mord déjà
  4. Cas pratique : Karim, studio classé F à Rennes
  5. Exceptions, dérogations et marges de manœuvre
  6. Questions fréquentes

Environ 4,8 millions de logements français restent classés F ou G, soit près de 15 % des résidences principales selon les estimations de l'Observatoire national de la rénovation énergétique. Si vous louez l'un d'eux, l'interdiction de location liée au DPE n'est plus un horizon lointain : elle structure déjà votre rendement locatif, votre capacité à relouer et la valeur de revente de votre bien. Cet article détaille le calendrier légal issu de la loi Climat et Résilience, les sanctions réellement applicables et le budget travaux à anticiper, chiffres en main.

Le calendrier complet des interdictions de location

Le calendrier découle de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, qui intègre la performance énergétique dans la définition du logement décent. Chaque échéance retire une classe du DPE du marché locatif.

DateLogements concernésTerritoire
1er janvier 2023Plus de 450 kWh/m²/an d'énergie finale (« G+ »)Métropole
1er janvier 2025Classe GMétropole
1er janvier 2028Classe FMétropole
1er janvier 2028Classe GGuadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte
1er janvier 2031Classe FOutre-mer
1er janvier 2034Classe EMétropole

Pour mémoire, un logement est classé G au-delà de 420 kWh/m²/an d'énergie primaire ou 100 kg de CO₂/m²/an, et F entre 330 et 420 kWh. Le DPE est valable 10 ans, mais les diagnostics réalisés avant juillet 2021 ont tous expiré : un bail signé aujourd'hui exige un diagnostic à la méthode 3CL-2021.

Ce que « interdiction de louer » veut vraiment dire

L'interdiction ne déclenche aucune expulsion et aucune amende administrative automatique. Elle signifie qu'un logement trop énergivore n'est plus un logement décent au sens de l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989.

Trois situations déclenchent l'obligation :

Concrètement, le locataire d'un logement classé G peut exiger des travaux par lettre recommandée, puis saisir la commission départementale de conciliation, gratuite. En cas d'échec, le juge peut ordonner les travaux sous astreinte, réduire le loyer ou en suspendre le paiement jusqu'à mise en conformité. Le locataire ne peut en revanche pas cesser de payer son loyer de sa propre initiative.

Le gel des loyers : la sanction qui mord déjà

Depuis le 24 août 2022, les logements F et G sont soumis à un gel total des loyers en métropole. Pour un bailleur, c'est la contrainte la plus coûteuse à court terme, car elle s'applique sans attendre 2028.

Sont interdits : la révision annuelle selon l'IRL, l'augmentation du loyer lors d'une relocation, le complément de loyer en zone tendue et la majoration après travaux. Sur un loyer de 750 €/mois, avec un IRL progressant de 2 % par an, le manque à gagner atteint environ 1 840 € cumulés sur cinq ans — avant même de parler d'interdiction.

Un bailleur qui conserve un logement G sans travaux perd deux fois : il ne peut plus indexer son loyer, et il devra accepter une décote à la revente, souvent chiffrée entre 5 % et 15 % selon les analyses notariales de ces dernières années.

Cas pratique : Karim, studio classé F à Rennes

Karim, 38 ans, loue un studio de 28 m² classé F à 480 €/mois, soit 5 760 € de loyers annuels. Son bail se reconduit tacitement chaque année : il doit être en conformité avant le 1er janvier 2028. Voici la marche à suivre.

  1. Faire réaliser un audit énergétique (500 à 1 000 €) plutôt qu'un simple DPE : il chiffre les scénarios de travaux et les gains de classe.
  2. Identifier le poste le plus pénalisant. Sur un studio chauffé à l'électricité avec simple vitrage, le remplacement des menuiseries et l'isolation des murs pèsent l'essentiel du gain.
  3. Vérifier le règlement de copropriété : isolation par l'extérieur et changement de fenêtres en façade relèvent souvent d'un vote en assemblée générale.
  4. Mobiliser les aides avant de signer le moindre devis, en vérifiant les plafonds de ressources et les dispositifs en vigueur, détaillés dans notre guide des aides financières à la rénovation énergétique en 2026.
  5. Faire réaliser un nouveau DPE après travaux : c'est lui, et non les factures, qui atteste la sortie de la classe F.

Budget estimé pour un gain de deux classes (F vers D) : 17 000 € de travaux, dont environ 6 000 € d'aides, soit un reste à charge proche de 11 000 €. Un éco-prêt à taux zéro peut financer jusqu'à 50 000 € sur 20 ans pour une rénovation globale, ce qui lisse l'effort de trésorerie. Si Karim puise dans son épargne de précaution plutôt que d'emprunter, il arbitre contre le rendement de ses placements à capital garanti : un calcul à faire livret par livret, car chaque situation patrimoniale est unique.

Exceptions, dérogations et marges de manœuvre

La loi prévoit des dérogations limitées, appréciées par le juge au cas par cas :

Attention aussi aux fausses bonnes nouvelles : la réforme du DPE des petites surfaces entrée en vigueur le 1er juillet 2024 a reclassé automatiquement plusieurs centaines de milliers de logements de moins de 40 m². Si votre diagnostic est antérieur, un nouveau DPE peut faire sortir votre bien de la classe G sans un euro de travaux. Les règles détaillées sont consultables sur la fiche officielle Service-Public.fr consacrée au DPE.

Questions fréquentes

Mon locataire est en place depuis 2019 dans un logement G : doit-il partir ?

Non. L'interdiction de location ne provoque aucune expulsion et ne met pas fin au bail en cours. En revanche, la reconduction tacite du bail est concernée : le locataire peut demander des travaux de mise en conformité et, à défaut, saisir le juge pour obtenir une réduction de loyer ou des travaux sous astreinte.

Quelle amende risque un propriétaire qui loue un logement classé G ?

Aucune amende pénale n'est prévue automatiquement par la loi Climat et Résilience. Les sanctions sont civiles : travaux imposés par le juge, réduction ou suspension du loyer, voire dommages et intérêts. En zone de permis de louer, la commune peut toutefois refuser l'autorisation de mise en location.

L'interdiction s'applique-t-elle à la vente d'un logement ?

Non, un logement F ou G reste librement vendable. Depuis le 1er avril 2023, la vente d'une maison ou d'un immeuble en mono-propriété classé F ou G exige cependant un audit énergétique annexé à la promesse de vente. Cette obligation a été étendue aux logements classés E le 1er janvier 2025.

Un logement meublé est-il soumis au même calendrier ?

Oui pour la location meublée à usage de résidence principale : les échéances de 2025, 2028 et 2034 s'appliquent à l'identique. Les meublés de tourisme relèvent d'un régime distinct, encadré par la loi du 19 novembre 2024 sur la régulation des locations touristiques.

Faut-il attendre un éventuel report de l'échéance de 2028 ?

Le calendrier reste inscrit dans la loi à ce jour, même si des assouplissements sont régulièrement débattus au Parlement. Parier sur un report expose à un double risque : la hausse des coûts de travaux et la saturation des entreprises RGE à l'approche de l'échéance. Anticiper reste l'option la plus prudente budgétairement.

Experte finances personnelles
Specialiste en gestion de budget et placements financiers, Sophie partage son expertise pour aider chacun a mieux gerer son argent. Elle simplifie les sujets complexes de la finance personnelle avec p