Impôt minimum 20% hauts revenus 2026
En bref : L'impôt minimum de 20 % sur les hauts revenus, baptisé contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), impose un taux d'imposition plancher de 20 % aux foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple). Si l'impôt effectivement payé reste inférieur à ce seuil, le fisc réclame la différence. Créée par la loi de finances pour 2025, elle s'est appliquée dès les revenus de 2025, avec un acompte versé en décembre.
L'essentiel- Seuils de déclenchement : 250 000 € de revenu fiscal de référence pour un célibataire, 500 000 € pour un couple marié ou pacsé imposé ensemble
- Un mécanisme de lissage atténue la facture entre 250 000 et 330 000 € (et entre 500 000 et 660 000 € pour un couple)
- Le calcul intègre l'impôt sur le revenu, le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % et la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus
- Un acompte de 95 % est exigible en décembre, le solde étant régularisé à l'été suivant
- De quoi parle-t-on exactement
- Qui est concerné par le seuil de 250 000 euros
- Le calcul en quatre étapes
- Cas pratique chiffré
- Acompte de décembre et calendrier
- Ce qui peut évoluer en 2026
- Questions fréquentes
L'impôt minimum de 20 % sur les hauts revenus part d'un constat simple : certains foyers très aisés affichaient un taux d'imposition effectif inférieur à celui d'un cadre salarié, parce que leurs revenus provenaient surtout de dividendes et de plus-values taxés à taux forfaitaire. La contribution différentielle sur les hauts revenus corrige cet écart en garantissant un plancher. Comprendre son fonctionnement vous permet d'anticiper une facture qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros, et surtout d'éviter la pénalité attachée à un acompte mal calibré.
De quoi parle-t-on exactement
La CDHR est un impôt complémentaire qui comble l'écart entre l'imposition réellement supportée par un foyer fiscal et 20 % de son revenu fiscal de référence. Elle ne remplace rien : elle s'ajoute, uniquement si le plancher n'est pas atteint.
Le principe est différentiel, et non proportionnel. Un foyer déjà imposé à un taux effectif de 28 % ne paie rien du tout au titre de cette contribution.
Elle a été instaurée par l'article 10 de la loi de finances pour 2025, promulguée en février 2025, et codifiée à l'article 224 du Code général des impôts. Son objectif affiché à l'époque était un rendement d'environ 2 milliards d'euros pour 20 000 à 25 000 foyers concernés.
Qui est concerné par le seuil de 250 000 euros
Le déclencheur est le revenu fiscal de référence (RFR), c'est-à-dire l'agrégat qui figure sur votre avis d'imposition et qui additionne salaires, pensions, revenus fonciers, dividendes et plus-values, y compris ceux soumis à prélèvement forfaitaire.
| Situation du foyer | Seuil d'entrée | Fin du lissage | Taux plancher |
|---|---|---|---|
| Célibataire, divorcé, veuf | 250 000 € | 330 000 € | 20 % |
| Marié ou pacsé, imposition commune | 500 000 € | 660 000 € | 20 % |
Entre le seuil d'entrée et la fin du lissage, un mécanisme de décote réduit fortement la contribution. Concrètement, un célibataire à 270 000 € de RFR échappe en pratique à toute contribution, tandis qu'un célibataire à 400 000 € la supporte pleinement.
Attention au point de bascule : une plus-value exceptionnelle sur la vente d'une entreprise, d'un portefeuille d'actions ou d'actifs numériques peut faire franchir le seuil une seule année. Si vous avez cédé des cryptomonnaies, vérifiez le montant intégré à votre RFR — un sujet détaillé dans notre guide sur comment déclarer ses plus-values crypto sans risquer de sanction.
Le calcul en quatre étapes
- Déterminer le RFR ajusté. On repart du revenu fiscal de référence, avec quelques retraitements : neutralisation de certains abattements et réintégration de revenus exonérés.
- Appliquer le taux de 20 %. Ce montant constitue l'impôt plancher théorique.
- Additionner l'impôt déjà supporté : impôt sur le revenu au barème, prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % sur les revenus du capital, prélèvements libératoires et contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (3 % puis 4 % selon les tranches).
- Comparer. Si l'étape 3 est inférieure à l'étape 2, la différence est due. Sinon, rien à payer.
Un point souvent mal compris : les prélèvements sociaux de 17,2 % ne sont pas comptés dans l'impôt déjà supporté. Le plancher de 20 % s'entend hors CSG-CRDS, ce qui explique que des foyers se croyant « très imposés » soient malgré tout redevables.
Cas pratique chiffré
Hélène et Marc, 58 et 61 ans, sont mariés et imposés ensemble. Leur foyer perçoit 150 000 € de salaires et 550 000 € de dividendes, soit un RFR de 700 000 €.
- PFU sur les dividendes : 550 000 € × 12,8 % = 70 400 €
- Impôt sur le revenu au barème (salaires, 2 parts) : environ 26 800 €
- Contribution exceptionnelle sur les hauts revenus : (700 000 − 500 000) × 3 % = 6 000 €
- Total supporté : environ 103 200 €, soit un taux effectif de 14,7 %
Le plancher s'élève à 700 000 × 20 % = 140 000 €. La contribution différentielle atteint donc environ 36 800 €, et leur taux effectif rejoint 20 %.
À l'inverse, un couple de cadres supérieurs déclarant 520 000 € de seuls salaires est déjà imposé autour de 30 % : contribution nulle, malgré le franchissement du seuil. La CDHR cible la structure des revenus, pas leur seul niveau.
Acompte de décembre et calendrier
Le paiement repose sur un mécanisme inhabituel : un acompte de 95 % de la contribution estimée, à verser entre le 1er et le 15 décembre de l'année de perception des revenus. C'est au contribuable d'estimer lui-même sa situation.
Le solde est régularisé l'année suivante, lors de l'avis d'imposition. En cas de sous-estimation de plus de 20 %, une majoration de 20 % s'applique sur l'insuffisance constatée.
Cette avance se superpose au calendrier déclaratif habituel, dont les échéances sont récapitulées dans notre article sur les dates limites de la déclaration de revenus 2026. Pensez à provisionner la trésorerie dès l'automne : l'acompte de décembre tombe souvent au pire moment.
Ce qui peut évoluer en 2026
La contribution avait été votée comme une mesure temporaire, limitée aux revenus de 2025. Les débats budgétaires de l'automne 2025 ont porté sur sa prorogation, voire sa pérennisation, dans un contexte de recherche d'économies.
Son maintien pour les revenus 2026 dépend du texte définitivement adopté : vérifiez la version en vigueur avant toute décision patrimoniale, les arbitrages parlementaires ayant été particulièrement mouvants sur ce point.
Deux réflexes restent utiles quelle que soit l'issue. D'abord, lisser dans le temps les cessions génératrices de plus-values importantes. Ensuite, ne pas confondre optimisation et dispositifs exotiques : certains placements à fiscalité spécifique, comme ceux présentés dans notre dossier sur le rendement et la fiscalité des forêts et terres agricoles, répondent à une logique patrimoniale de long terme et non à une logique d'évitement.
Chaque situation fiscale est unique. Les montants présentés ici sont illustratifs : un bilan avec un professionnel reste indispensable avant tout arbitrage.
Questions fréquentes
Le seuil de 250 000 € s'applique-t-il au revenu net ou brut ?
Ni l'un ni l'autre : il s'applique au revenu fiscal de référence, qui figure en haut de votre avis d'imposition. Celui-ci inclut les revenus soumis au prélèvement forfaitaire unique, souvent oubliés dans les estimations personnelles.
Les crédits et réductions d'impôt réduisent-ils la contribution ?
Leur effet est largement neutralisé : le calcul réintègre une partie des réductions d'impôt dans l'impôt réputé payé. Les avantages liés aux dons et à certains dispositifs spécifiques font l'objet d'un traitement particulier.
Que se passe-t-il si je dépasse le seuil une seule année ?
La contribution est due au titre de cette année-là, sans étalement possible. Une plus-value immobilière professionnelle ou une cession de titres peut donc générer une facture ponctuelle importante, d'où l'intérêt d'anticiper l'acompte de décembre.
Les prélèvements sociaux comptent-ils dans les 20 % ?
Non. Les 17,2 % de CSG-CRDS ne sont pas intégrés à l'impôt pris en compte pour atteindre le plancher. L'imposition globale d'un foyer concerné peut donc dépasser 37 % en additionnant impôt et prélèvements sociaux.
Faut-il une déclaration spécifique ?
L'acompte se paie via un formulaire dédié sur l'espace particulier du site des impôts, puis la régularisation s'effectue avec la déclaration annuelle de revenus. Aucune démarche n'est nécessaire si votre revenu fiscal de référence reste sous les seuils.