Plus-Values Boursieres : Fiscalite et Declaration en 2026
- En 2026, les plus-values boursières sont soumises par défaut au PFU de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux)
- L'option pour le barème progressif peut être avantageuse si votre TMI est inférieure à 11 % — elle s'applique alors à tous vos revenus de capitaux
- Les titres détenus dans un PEA de plus de 5 ans échappent à l'impôt sur le revenu : seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent
- La déclaration passe par les formulaires 2074 (détail des opérations) et 2042-C (report des montants)
- Comment sont taxées les plus-values boursières en 2026
- PFU ou barème progressif : le bon choix selon votre situation
- Cas pratique : Thomas déclare ses gains boursiers
- PEA, assurance-vie : les enveloppes qui réduisent la note
- Étapes de déclaration des plus-values en 2026
- Erreurs fréquentes et points de vigilance
- FAQ — Plus-values boursières et fiscalité
Chaque année, des milliers d'investisseurs particuliers découvrent au moment de la déclaration de revenus que la fiscalité des plus-values boursières n'est pas aussi simple qu'un taux unique. Entre le prélèvement forfaitaire, l'option pour le barème progressif et les abattements liés aux enveloppes fiscales, le montant final d'impôt peut varier du simple au double. Voici comment optimiser votre déclaration de plus-values pour les revenus 2025, à remplir au printemps 2026.
Comment sont taxées les plus-values boursières en 2026
Une plus-value boursière est le gain réalisé lors de la cession d'un titre financier (action, obligation, OPCVM, ETF) à un prix supérieur à son prix d'acquisition. Ce gain est imposable l'année de la vente effective, et non lors de l'encaissement sur votre compte bancaire.
Depuis 2018, le régime par défaut est le prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé « flat tax ». Il s'élève à 30 % et se décompose ainsi :
- 12,8 % d'impôt sur le revenu
- 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité)
Ce taux s'applique au gain net, c'est-à-dire après déduction des frais de courtage et de la moins-value éventuelle sur d'autres opérations de l'année. Les moins-values sont imputables sur les plus-values de même nature pendant 10 ans.
PFU ou barème progressif : le bon choix selon votre situation
Vous pouvez renoncer au PFU et opter pour l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option est globale : elle s'applique alors à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts, plus-values).
Le barème progressif devient intéressant dans deux cas précis :
- Votre tranche marginale d'imposition (TMI) est à 0 % ou 11 % — vous payez alors moins de 12,8 % d'IR sur vos gains
- Vous détenez des titres acquis avant le 1ᵉʳ janvier 2018 et bénéficiez d'un abattement pour durée de détention (50 % entre 2 et 8 ans, 65 % au-delà de 8 ans)
Attention : en optant pour le barème, vous bénéficiez d'une CSG déductible de 6,8 % l'année suivante, mais vos dividendes perdent le PFU pour être taxés à votre TMI (après abattement de 40 %). Faites le calcul complet avant de cocher cette case. Le quotient familial influence directement votre TMI et donc la pertinence de cette option.
| TMI du foyer | Taux IR au PFU | Taux IR au barème | Option recommandée* |
|---|---|---|---|
| 0 % | 12,8 % | 0 % | Barème progressif |
| 11 % | 12,8 % | 11 % | Barème progressif |
| 30 % | 12,8 % | 30 % | PFU |
| 41 % | 12,8 % | 41 % | PFU |
| 45 % | 12,8 % | 45 % | PFU |
* Hors abattement pour durée de détention et CSG déductible — chaque situation est unique.
Cas pratique : Thomas déclare ses gains boursiers
Thomas, 38 ans, gagne 2 800 € net/mois en CDI. En 2025, il a vendu des actions via son compte-titres ordinaire pour un gain net de 4 200 € (après déduction de 380 € de moins-values et 95 € de frais de courtage).
Sa TMI est de 30 %. Voyons les deux scénarios :
- Avec le PFU : 4 200 € × 30 % = 1 260 € d'impôt total (dont 537,60 € d'IR et 722,40 € de prélèvements sociaux)
- Au barème progressif : IR = 4 200 € × 30 % = 1 260 €, plus 17,2 % de prélèvements sociaux = 722,40 €, soit 1 982,40 € au total (avant déduction de CSG)
Pour Thomas, le PFU est clairement plus avantageux. Il économise plus de 700 € par rapport au barème. S'il avait déclaré des plus-values sur des crypto-actifs, celles-ci auraient également été soumises au PFU de 30 % sur un compte-titres classique.
PEA, assurance-vie : les enveloppes qui réduisent la note
Le Plan d'Épargne en Actions (PEA) reste l'enveloppe la plus avantageuse pour investir en bourse. Après 5 ans de détention, les plus-values sont totalement exonérées d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus, au moment du retrait.
Concrètement, pour une plus-value de 4 200 € dans un PEA de plus de 5 ans, Thomas ne paierait que 722,40 € au lieu de 1 260 € — une économie de 537,60 €. Le plafond de versement du PEA est fixé à 150 000 €.
L'assurance-vie offre aussi un cadre fiscal allégé après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € sur les gains (9 200 € pour un couple), puis PFU réduit à 24,7 % (7,5 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux) pour les versements inférieurs à 150 000 €.
Étapes de déclaration des plus-values en 2026
Votre courtier ou banque vous transmet un imprimé fiscal unique (IFU) avant mi-avril. Ce document récapitule toutes vos opérations. Voici la marche à suivre :
- Vérifiez votre IFU : comparez chaque ligne avec vos relevés d'opérations. Les erreurs de prix de revient sont fréquentes, notamment après des opérations sur titres (splits, attributions gratuites).
- Remplissez le formulaire 2074 si vos opérations ne figurent pas dans l'IFU, ou si vous devez calculer un abattement pour durée de détention. Ce formulaire détaille chaque cession.
- Reportez le montant net dans la déclaration 2042-C, case 3VG (plus-values) ou 3VH (moins-values). Pour le PFU, cochez la case 2OP uniquement si vous choisissez le barème.
- Validez en ligne sur impots.gouv.fr avant la date limite de votre département (entre fin mai et début juin 2026).
Erreurs fréquentes et points de vigilance
Plusieurs erreurs reviennent chaque année dans les déclarations :
- Oublier les moins-values reportables : si vous avez déclaré des moins-values les années précédentes, elles se déduisent automatiquement — vérifiez que le report est correct dans votre avis d'imposition
- Confondre PEA et compte-titres : les gains réalisés dans un PEA ne se déclarent pas tant que vous ne faites pas de retrait
- Cocher la case 2OP par erreur : cette case active le barème progressif pour tous vos revenus de capitaux, pas uniquement vos plus-values
- Ignorer les frais déductibles : frais de courtage, droits de garde et commissions réduisent votre base imposable
En cas de doute, le simulateur de l'administration fiscale permet de comparer PFU et barème progressif avant de valider votre déclaration.
FAQ — Plus-values boursières et fiscalité
Peut-on compenser une plus-value avec une moins-value ?
Oui. Les moins-values réalisées la même année se déduisent automatiquement de vos plus-values. Si le solde reste négatif, la moins-value nette est reportable pendant 10 ans et s'imputera sur les plus-values futures. Il faut la déclarer en case 3VH du formulaire 2042-C.
Le PFU s'applique-t-il aux actions détenues dans un PEA ?
Non. Le PEA bénéficie d'un régime fiscal propre. Après 5 ans de détention, les plus-values sont exonérées d'impôt sur le revenu. Avant 5 ans, un retrait entraîne la clôture du plan et les gains sont soumis au PFU de 30 %. Depuis 2019, un retrait après 5 ans n'entraîne plus la clôture.
Faut-il déclarer les plus-values latentes (non réalisées) ?
Non. Seules les plus-values effectivement réalisées (titres vendus) sont imposables. Tant que vous conservez vos titres, le gain reste latent et n'a pas à figurer sur votre déclaration, quelle que soit sa valeur.
Comment sont imposés les dividendes d'actions françaises ?
Les dividendes perçus sur un compte-titres ordinaire sont soumis au PFU de 30 % par défaut. Si vous optez pour le barème progressif (case 2OP), vous bénéficiez d'un abattement de 40 % sur le montant brut avant application de votre TMI, plus la déductibilité partielle de la CSG.