Conge de naissance 2026 : duree, indemnisation et demarches
- Le congé de naissance remplace l'ancien congé parental (PreParE) depuis 2025 — il est mieux indemnisé mais plus court.
- Chaque parent peut bénéficier de 3 mois (soit 91 jours), indemnisés à hauteur d'environ 50 % du salaire net, dans la limite d'un plafond mensuel.
- Il s'ajoute au congé de maternité (16 semaines) et au congé de paternité (25 jours) déjà existants.
- La demande se fait auprès de l'employeur et de la CAF — des délais de prévenance s'appliquent.
- Congé de naissance : définition et principe
- Durée du congé de naissance en 2026
- Indemnisation : combien allez-vous toucher ?
- Conditions pour en bénéficier
- Démarches étape par étape
- Impact sur votre budget : cas pratique
- FAQ — Congé de naissance 2026
Le congé de naissance est le dispositif qui a remplacé l'ancien congé parental d'éducation (PreParE), longtemps critiqué pour son indemnisation dérisoire — environ 428 € par mois à taux plein. Instauré par la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2025, il vise à permettre aux deux parents de s'arrêter après une naissance sans subir une chute brutale de revenus. Son fonctionnement, sa durée et son indemnisation diffèrent profondément de l'ancien système. Si vous attendez un enfant ou venez d'en accueillir un, voici ce que vous devez savoir pour anticiper l'impact sur votre budget.
Congé de naissance : définition et principe
Le congé de naissance est un droit ouvert à chaque parent salarié — mère et père — à l'occasion de l'arrivée d'un enfant (naissance ou adoption). Il se distingue des congés de maternité et de paternité, qui continuent d'exister et de se cumuler avec lui.
Son objectif : offrir une période de présence parentale indemnisée de manière proportionnelle au salaire, là où l'ancien dispositif PreParE versait un forfait identique quel que soit le niveau de rémunération. Ce changement de logique est majeur. Un parent qui gagnait 2 500 € net par mois percevait 428 € avec la PreParE. Avec le congé de naissance, l'indemnisation se rapproche de 1 250 € pour le même profil.
Le contrat de travail est suspendu pendant toute la durée du congé, mais le salarié conserve ses droits à ancienneté et retrouve son poste (ou un poste équivalent) à son retour.
Durée du congé de naissance en 2026
Chaque parent dispose d'un droit individuel pouvant aller jusqu'à 3 mois (91 jours calendaires). Ce droit est non transférable : la mère ne peut pas « céder » sa part au père, et inversement. L'objectif est d'encourager un partage équilibré du temps parental.
Quelques repères pratiques sur la durée :
- Le congé peut être pris en une seule fois ou fractionné, selon accord avec l'employeur.
- Il doit être pris avant le premier anniversaire de l'enfant.
- Il commence après la fin du congé de maternité (pour la mère) ou du congé de paternité (pour le père).
- En cas de naissances multiples, la durée peut être prolongée.
Pour le second parent, le parcours complet ressemble donc à ceci : 25 jours de congé de paternité, puis jusqu'à 91 jours de congé de naissance — soit potentiellement près de 4 mois d'absence au total.
Indemnisation : combien allez-vous toucher ?
C'est le point central de la réforme. L'indemnisation du congé de naissance est proportionnelle à votre salaire, versée par la Caisse d'allocations familiales (CAF) ou la MSA.
Le taux retenu est d'environ 50 % de votre rémunération nette, dans la limite d'un plafond mensuel fixé par décret (de l'ordre de 1 900 € par mois en 2026). Ce plafond est réévalué chaque année.
| Salaire net mensuel | Indemnité estimée (congé de naissance) | Ancien montant PreParE (rappel) |
|---|---|---|
| 1 500 € | ≈ 750 €/mois | 428 €/mois |
| 2 400 € | ≈ 1 200 €/mois | 428 €/mois |
| 3 500 € | ≈ 1 750 €/mois | 428 €/mois |
| 4 500 € et plus | ≈ 1 900 € (plafond) | 428 €/mois |
La différence est frappante. Pour un couple où les deux parents gagnent 2 400 € net, l'indemnisation combinée passe de 856 € (2 × 428 €) à environ 2 400 €, soit une hausse de plus de 180 %. Si vous cherchez à comprendre l'écart entre votre salaire brut et le net qui sert de base à ce calcul, consultez notre guide sur les charges et la conversion brut-net en 2026.
Conditions pour en bénéficier
Le congé de naissance est ouvert sous plusieurs conditions cumulatives :
- Être salarié du secteur privé ou agent de la fonction publique. Les travailleurs indépendants relèvent d'un régime spécifique.
- Justifier d'au moins 1 an d'ancienneté chez l'employeur à la date de la naissance (ou de l'arrivée de l'enfant en cas d'adoption).
- Exercer l'autorité parentale sur l'enfant concerné.
- Cesser effectivement toute activité professionnelle pendant la durée du congé (pas de cumul avec un temps partiel, contrairement à l'ancien système).
Les demandeurs d'emploi indemnisés par France Travail peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d'un dispositif équivalent. Si vous êtes dans cette situation et que vous envisagez parallèlement de créer votre activité, pensez à vérifier vos droits au titre de l'ARCE ou du maintien de l'ARE.
Démarches étape par étape
Voici la marche à suivre pour bénéficier du congé de naissance :
- Informer votre employeur par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise en main propre. Le délai de prévenance est d'au moins 2 mois avant la date souhaitée de début du congé (1 mois en cas de fractionnement).
- Préciser la durée demandée et les dates prévisionnelles. Votre employeur ne peut pas refuser le congé, mais il peut discuter du calendrier en cas de fractionnement.
- Déclarer la naissance à votre CAF (ou MSA) si ce n'est pas déjà fait.
- Déposer votre demande d'indemnisation sur le site de la CAF (rubrique « Mon compte ») ou via le formulaire dédié. Joignez votre dernier bulletin de salaire et l'acte de naissance de l'enfant.
- Attendre la notification de la CAF confirmant le montant et la date de début du versement.
Le versement intervient mensuellement, avec un léger décalage le premier mois (comptez 2 à 3 semaines de délai de traitement).
Impact sur votre budget : cas pratique
Prenons l'exemple de Marie, 32 ans, salariée dans le secteur tertiaire, qui gagne 2 400 € net par mois. Son conjoint Thomas perçoit 2 800 € net. Ils attendent leur premier enfant.
Marie bénéficie d'abord de 16 semaines de congé maternité, indemnisées par la Sécurité sociale à hauteur de son salaire journalier de base (plafonné). Puis elle enchaîne avec 3 mois de congé de naissance : elle perçoit environ 1 200 €/mois pendant cette période.
Thomas, de son côté, prend ses 25 jours de congé de paternité (indemnisés quasi intégralement), puis utilise 2 mois de congé de naissance : il touche environ 1 400 €/mois.
Sur les 3 mois de congé de naissance de Marie, le manque à gagner est de 1 200 € par mois par rapport à son salaire habituel, soit 3 600 € au total. Avec l'ancien système PreParE, le manque à gagner aurait été de 1 972 € par mois, soit 5 916 € sur la même période. L'économie réalisée grâce au nouveau dispositif est donc d'environ 2 300 €.
Cette différence peut peser dans la décision de prendre ou non un congé parental. C'est d'ailleurs l'un des objectifs affichés de la réforme : rendre le congé financièrement viable pour davantage de familles.
FAQ — Congé de naissance 2026
Le congé de naissance remplace-t-il le congé de paternité ?
Non. Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant (25 jours calendaires, dont 4 obligatoires) reste inchangé. Le congé de naissance vient s'y ajouter. Il remplace en revanche l'ancien congé parental d'éducation (PreParE), qui était plus long mais très faiblement indemnisé.
Peut-on prendre le congé de naissance à temps partiel ?
Contrairement à l'ancienne PreParE qui pouvait être prise sous forme de temps partiel, le congé de naissance impose une cessation complète d'activité pendant la période choisie. En revanche, il est possible de le fractionner en plusieurs périodes, sous réserve de l'accord de l'employeur sur le calendrier.
Le congé de naissance est-il ouvert aux indépendants ?
Les travailleurs indépendants (auto-entrepreneurs, gérants majoritaires de SARL, professions libérales) relèvent d'un régime distinct. Un dispositif équivalent existe via la Sécurité sociale des indépendants, mais les conditions d'accès et les montants peuvent varier. Rapprochez-vous de votre caisse d'assurance maladie pour connaître vos droits spécifiques.
L'indemnité du congé de naissance est-elle imposable ?
Oui. Comme les indemnités journalières de maternité et de paternité, l'allocation versée au titre du congé de naissance est soumise à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (CSG-CRDS). Elle apparaîtra sur votre déclaration de revenus pré-remplie.
Que se passe-t-il si mon employeur refuse le congé ?
L'employeur ne peut pas refuser le congé de naissance. C'est un droit du salarié, au même titre que le congé de maternité ou de paternité. En cas de refus, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes. Seul le calendrier de fractionnement peut faire l'objet d'une discussion.